Samedi 6 février 2010 à 14:46
Mon univers est fait de voix qui se fondent dans la brume, de cables disposés épars sur le sol, d'ombre, d'obscurité. Mon univers chuchote, il parle à voix basse, mon univers s'éclaire faiblement d'une cigarette qui s'allume. Mon univers est peuplé de guitares nerveuses et de chants et de plaintes. Mon univers est peuplé de solitude et d'aspirations, de piano. Mon univers est peuplé de touches de piano écrasées avec violences ou caressées à l'octave mineur. Mon univers n'a pas de début, pas de milieu, pas de fin. Mon univers déroule sa carcasse tourmentée sans se rappeler avoir un jour fait autrement.
Mon univers n'est pas triste, et l'est trop. Mon univers est peuplé des gémissements de jouissances des filles, et du regret de les avoir baisés sans être amoureux. Mon univers est peuplé de rires d'enfants et des connards qu'ils deviendront. Mon univers est peuplé des sourires des filles du métro qui iront tomber amoureux du premier macho venu. Mon univers est peuplé de fascination, d'envie, est mon univers s'éteindra sans avoir rien fait d'autre que d'espérer. Mon univers est tendu, sur le fil du rasoir. Mon univers se retient de crier. Mon univers est poésie ordinaire et banalité extraordinaire. Mon univers veut devenir. Mon univers regrette déjà un futur qui n'arrivera jamais.
Mon univers est peuplé de mes amis qui meurent.
Je ne sais pas si je fais partie de mon univers. Je suppose que je suis tout ce qui le compose. Je fume ces cigarettes, écoute avec adoration ce piano, rêve de jouer sur scène, rêve, tout le temps, toujours, garde espoir alors que tout est foutu depuis bien longtemps. C'est moi que l'on voit marcher habillé tout en noir, à faire le deuil de rien. C'est moi qui refuse de voir la vérité en face, c'est moi qui me voile la face sur mon futur. C'est moi qu'un rien déstabilise sans que personne ne s'en aperçoive.
Mon univers est noir. Mon univers n'est pas triste. Mon univers fascine, et est fasciné. Mon univers ment, se ment, me ment. Mon univers est abject, attire les autres, me révulse et me charme. Mon univers est détestable, mais est le seul qui me soutienne quand je vais mal. Mon univers lui, ne mourra pas avant moi.
Je veux retourner au temps des grenadines.
Publié par Distantwaves
Samedi 16 janvier 2010 à 0:12
Cette après midi, à un coin de rue, j'ai réentendu parler d'un gamin appelé Hope.
C'est une prochaine chanson de Mary Jane Kelly d'ailleurs...
My name is Hope,
And I've lost everything,
And you torn me apart,
And you brought me down.
But I'm just a kid named Hope, and I hope, I hope, and I cry.
Publié par Distantwaves
Dimanche 10 janvier 2010 à 17:23
C'était comme à moitié vécu, le dernier jour où nous sommes restés ensemble, comme des adieux qui s'en voudraient en silence, on a évité de se regarder. Je me suis installé ailleurs, j'ai gueulé dans ma tête "les copains avant les filles". Qui est ce que je pensais tromper ? J'avais essayé d'être ailleurs toute la journée, un peu déjà parti pour s'éviter d'avoir trop mal, comme si ce dernier jour était déjà passé, déjà loin, dans ma mémoire, enterré. Je suis resté là, planté avec Félix et Ned, à plaisanter en la regardant s'éloigner. Bien sur que j'avais vu son regard quand elle m'avait dit qu'elle allait fumer, bien sur que j'aurais pu la suivre, bien sur. Elle tient rarement ses promesses, cette cigarette, on l'imagine qui tombe au sol et ses mains qui rejoignent mon dos mais c'est un mensonge, ça trahit, ça fait mal et ça n'existe pas.
Le pire, ça a été le dernier regard, bien sur, celui qui s'enfonce dans le coeur. Il m'a terrassé, je ne sais pas, j'ai cru y déceler comme une pointe de regret, ou de reproche, tu étais moins joyeuse qu'à l'ordinaire. Mais peut-être que je me suis inventé tout ça, ou peut être que c'est ce foutu jazz qui me déglingue un peu plus, me fait imaginer je ne sais quel espoir. J'ai fait semblant de t'adresser un petit signe alors que la seule chose que je voulais faire c'était t'embrasser, mais il y avait les autres, la distance entre nos deux corps, les étoiles dans tes yeux.
Je me souviens du premier texte que j'ai écrit sur toi, ici. Je t'appelais petite blonde, bien sur, je n'avais même pas une seule idée de ton nom. Je l'ai appris, j'ai appris à te connaître, à t'apprécier, à t'attendre.
Je me souviens de la dernière fois où j'ai aperçu tes yeux, j'ai cru qu'ils me cherchaient pour me retenir, j'ai cru que mon coeur explosait alors que mes jambes me portaient loin de toi, j'ai cru voir du regret, qui sait, même peut être... je ne sais pas. Peut-être... Peut être que j'étais retombé amoureux.
Je ne sais plus.
Publié par Distantwaves
Dimanche 27 décembre 2009 à 15:37
importante, et vous l'oublierez
Merci à Lost pour l'inspiration.
Publié par Distantwaves
Dimanche 27 décembre 2009 à 0:18
A l'heure des défaites à Copenhague, et des réjouissances de Noël, alors que toi petit lecteur cherche à tout prix à échapper aux embrassades humides et hypocrites de cette arrière grande tante que tu hais, je me morfonds....
Oui, ma haine est grande, parce que ce monde est mal foutu. Alors que je devrais être en train d'enregistrer, un micro sur les genoux et une sublime blonde sur l'autre, je suis en train de me retaper Love Actually d'un oeil et....
Je me rends compte que je n'aime pas chroniquer ici. L'endroit n'est pas fait pour. Un de mes multiples fantasmes, (non, pas ceux là) serait de faire une chronique à la radio, dans le style de ce génial François Morel sur france inter le vendredi
Joyeux Noël je suppose. Rien n'avance. Heureusement, putain, heureusement Syd Matters existe. C'est en écoutant la chanson Ghost Days que je me sens le plus fidèle à moi même. J'apprends une à une ses chansons à la guitare, et puis je me perds, des heures à l'écouter, sombrant à mon tour dans ses "espaces fantômes" où une seconde peut durer une année...
Qu'est ce que je vous écrirai, dans un an, en décembre 2010 ? Joyeux Noël ? Les mêmes conneries que d'habitude ?
Prions pour que je croule tellement sous le travail, que je n'ai pas à...
Ma guitare, vite. Don't think.
Ho bon sang.
Publié par Distantwaves
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